Jaquette de couverture de la traduction américaine de La prisonnière d'Édouard Bourdet, 1926.

Le rideau rose :

histoire du théâtre gai et lesbien jusqu'en 1969

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Une conférence multimédia par Louis Godbout des Archives gaies du Québec

L'acteur Édouard de Max dans Nabuchodonosor, dessin de D. de Losques. L'acteur Édouard de Max dans Prométhée de Jean Lorrain, musique de Gabriel Fauré, aux arènes de Béziers en 1900. L'acteur Édouard de Max dans Le roi, dessin de D. de Losques

Présentation:

Avant la révolte de Stonewall en 1969, le théâtre fut l'un des seuls lieux où l'on pouvait voir en public ces étranges créatures qu'étaient l'homosexuel et la lesbienne. Et s'il est vrai que les portraits d'homosexuels suicidaires et de lesbiennes criminelles y abondaient, il y eut aussi des pièces offrant des images moins effrayantes.

Bien qu'il existe plusieurs facéties érotiques anciennes comme Le Roi de Sodome et Les Plaisirs du cloître, ce ne fut qu'au tournant du dix-neuvième siècle qu'une dramaturgie homosexuelle prit forme, autour du grand acteur Édouard de Max. Il inspira le personnage excentrique mais sympathique du caricatural Monsieur aux chrysanthèmes qui fut applaudie par le public et la critique en 1908. Il fut aussi le protecteur d'André Gide qui écrivit pour lui son Saül et de Jean Cocteau qu'il lança dans le monde.

Au cours de la courte période d'émancipation de l'entre-deux guerres, des œuvres puissantes et revendicatrices, telles La Prisonnière (1926) et Le Procès d'Oscar Wilde (1935) prirent l'affiche. Elles furent jouées devant des salles bondées de gais et de lesbiennes qui, pour la première fois, se reconnaissaient sur scène.

Les années 1939-1969 révélèrent le talent exceptionnel de Jean Genet, dont la première pièce, Haute surveillance, fut créée 1949. Ce fut l'époque de comédies homosexuelles aux visions positives comme Les Œufs de l'autruche (1948) et de drames bouleversants comme Sud (1953) et La Ville dont le prince est un enfant (publiée en 1951, créée en 1967). Le théâtre québécois fut aussi particulièrement fécond, avec des pièces comme La Cathédrale (1949), Au retour des oies blanches (1966) et L'Exécution (1968).

Cette histoire fascinante du théâtre gai et lesbien sera ponctuée d’anecdotes et de potins croustillants sur les coulisses du monde du spectacle. Photographies, documents inédits et extraits d'adaptations cinématographiques, viendront compléter cette conférence.

Louis Godbout, président sortant des Archives gaies du Québec, collectionne depuis plus de quinze ans les ouvrages anciens ayant trait à l’homosexualité.

 

Didier Haudepin et Philippe Paulino dans La Ville dont le prince est un enfant, d'Henry de Montherlant, à sa création en 1967. Huguette Oligny, Jean Duceppe et Éléonore Stuart dans Le marcheur d'Yves Thériault, en 1950.

 Les images qui illustrent ce communiqué sont, dans l'ordre habituel:

  1. Jaquette de couverture de la traduction américaine de La prisonnière d'Édouard Bourdet, 1926.
  2. L'acteur Édouard de Max dans Nabuchodonosor, dessin de D. de Losques.
  3. L'acteur Édouard de Max dans Prométhée de Jean Lorrain, musique de Gabriel Fauré, aux arènes de Béziers en 1900.
  4. L'acteur Édouard de Max dans Le roi, dessin de D. de Losques.
  5. Didier Haudepin et Philippe Paulino dans La Ville dont le prince est un enfant, d'Henry de Montherlant, à sa création en 1967.
  6. Huguette Oligny, Jean Duceppe et Éléonore Stuart dans Le marcheur d'Yves Thériault, en 1950.

 

Louis Godbout peut être contacté par courrier électronique.

Ses autres conférences :

Beaux enfans de Sodome : images homosexuelles du XVIIIe siècle

Ébauches et débauches : la littérature homosexuelle française de 1859 à 1939

© Louis Godbout