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Les murs ont des oreilles : les histoires des espaces LGBTQ2S+ de Montréal

Exposition présentée par V. Samoylenko

(automne 2021)

Mise à jour par M. Daigle (été 2021)

Mise à jour par V. Samoylenko (hiver 2022)

Introduction

Prenant inspiration de projets de géographie humaine comme Queering the Map et Mapping Montreal's Queer Spaces , le projet Les murs ont des oreilles cherche à non seulement placer les diverses expériences de personnes LGBTQ2S+ sur une carte, mais à les rendre audibles et à combiner plusieurs types de médias. Le projet prend la forme de survol d’importants quartiers, endroits et évènements pour les communautés LGBTQ2S+ de Montréal, sans non plus négliger des espaces qui sont simplement chers pour les participant.e.s qui ont partagé leurs histoires dans le cadre de cette exposition.

La présente exposition est un projet pilote. Cependant, à cause de contraintes de temps, ainsi que le contexte de pandémie, il ne fut possible de solliciter qu’un nombre limité de participant.e.s et d’explorer seulement un petit nombre d’endroits. Tout de même, les récits des participant.e.s, juxtaposés ci-dessous, permettent de faire ressortir des réalités parfois contradictoires qui ont existé ou qui existent en même temps. Comme pour notre propre mémoire, le projet combine plusieurs espaces-temps de façon simultanée. Nous espérons que Les murs ont des oreilles sera un projet inspirant pour la création de projets plus élaborés incluant la géographie humaine, l’histoire orale dans les communautés LGBTQ2S+, et d’autres médias. Également, pour la création de futurs projets, nous espérons voir une collaboration plus étroite avec les Archives gaies du Québec et d’autres centres d’archives LGBTQ2S+ au Canada, et même internationalement. Finalement, ce projet représente les possibilités de recherche et de création de projet dans des conditions difficiles de confinement et de distanciation sociale.

Nous avons eu la chance de présenter notre exposition sur la portion piétonne de la rue Sainte-Catherine à l’été 2021. Dans le but d’en faciliter l’accessibilité, l’exposition Les murs ont des oreilles restera toujours disponible en ligne.

Montréal : ville gaie

Les histoires présentées dans cette exposition sont celles de sept narrateur.rice.s : Armando Perla (A.P.), Derek Vincent (D.V.), Pierre M. W. (P.M.W.), Ménélik Blackburn-Philip (M.B.P.), Mathilde Geromin (M.G.), Kimura Byol-Nathalie Lemoine (k-l) et Michelle Wouters (M.W.). Ces personnes m’ont raconté leurs expériences et m’ont parlé des lieux qui leur importaient. Certain.e.s parmi les participant.e.s sont né.e.s ici; d’autres ont immigré à Montréal, souvent parce que la ville leur paraissait plus ouverte aux personnes LGBTQ2S+.

L’exposition est divisée par quartiers : même si certains lieux se trouvent en dehors des quartiers mentionnés, ils sont regroupés en fonction de leur proximité pour en faciliter la localisation, et aussi pour en permettre la mise en contexte historique de certains.

Il est à noter que les lieux présentés dans cette enquête sont ceux dont les personnes interviewées ont parlé lors de leurs entrevues. En réalité, il y en avait beaucoup d'autres. De plus, les extraits d’entrevues sont présentés dans leur langue d'origine. Leur contenu est donc rapporté tel qu'il a été dit.

Pour écouter les témoignages, cliquez sur les points dans les cartes des différents quartiers. Vous pouvez aussi consulter les photos en entier ainsi que leur source en cliquant dessus.

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Le Village de l’Ouest

Bien avant que le Village gai de Montréal que l’on connaît aujourd’hui ne se développe, le quartier gai se situait au centre-ville, jusqu’à son déclin au début des années 1980. Centré sur les rues Peel et Stanley, et offrant à l’époque des logements abordables à proximité, il était facile d’accès pour la clientèle gaie. Le centre-ville de Montréal, par contre, était aussi un emplacement prisé par les développeurs immobiliers et les milieux financiers. L’administration du maire Jean Drapeau (1954 à 1957 et de 1960 à 1986) voulait, d’une part, faire de Montréal une ville internationale moderne, et d’autre part, défendre une moralité traditionnelle. Or, la présence d’une enclave gaie au centre-ville posait un problème au maire Drapeau, à la fois pour le développement foncier et pour la moralité.

L’adoption du Bill Omnibus en 1969, décriminalisant l’homosexualité entre adultes consentants dans un espace privé n’a pas empêché les descentes policières sous l’administration Drapeau. En guise de justification légale pour l’arrestation de gais dans les bars, on désignait ces lieux comme « maison de débauche ». D’autant plus que la législation fédérale ne décriminalisait les relations sexuelles entre adultes consentants que dans les lieux privés. Ainsi, la police justifiait son harcèlement à l’égard des gais dans des lieux publics.

Avec les Jeux olympiques de 1976, le nettoyage notoire entrepris par le maire Drapeau entraîne une intensification de la répression policière, non seulement contre les gais et les lesbiennes, mais aussi envers les travailleur.se.s du sexe. Les descentes policières continuèrent après les Jeux. Notamment, celles du Truxx et du Mystique, le 21 octobre 1977, qui ont suscité une réponse instantanée de la part de la communauté gaie. Suite à cette descente, l’Association pour les droits des gai(e)s du Québec (ADGQ), jeune organisme de défense des droits des gais, s’organisa et le lendemain, près de 2 000 personnes manifestèrent pour dénoncer les abus policiers.

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Le Village de l’Est

Le Village de l’Est, contrairement au mythe, ne s’est pas déplacé à l’est directement à cause de la violence policière ni du « nettoyage olympique ». Le Village prit son élan vers 1983, soit plusieurs années après ces descentes. Entre autres, le facteur économique, comme la hausse des loyers au centre-ville et les bas coûts des locaux à l’est, encouragea plusieurs entrepreneurs à ouvrir de nouveaux établissements dans le Village. De plus, l’architecture des bâtiments, qui avaient été utilisés comme théâtres, cabarets ou cinémas plus tôt durant le XXe siècle, permettait un aménagement favorable pour ceux qui voulaient ouvrir des bars. Au début des années 1980, plusieurs bars et commerces gais existaient toujours au centre-ville et au Red Light, alors que les bars du Nouveau Village se multipliaient; durant les années 1990, la plupart des commerces gais de Montréal étaient installés au Village. Autrefois parsemé de grands complexes multifonctionnels, tels le Complexe Bourbon, de nos jours, la tendance à l’embourgeoisement met en danger le caractère unique du Village en remplaçant peu à peu les grands complexes multifonctionnels par des immeubles résidentiels en hauteur.

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Le Plateau

Si le Village est gai, le Plateau Mont-Royal est un quartier historiquement lesbien, même s’il l’est peut-être de façon plus informelle comparé au Village. Durant les années 1980, ou « l’âge d’or » de la visibilité urbaine lesbienne, plusieurs bars, cafés, et organisations communautaires parsemaient le Plateau. Bien que le nombre d’établissements mixtes à Montréal ait augmenté, le nombre de bars réservés aux lesbiennes est tombé de façon significative durant les années 1990, alors que les gais gardaient des bars réservés aux hommes.

Historiquement, les communautés gaie et lesbienne ont vécu des trajectoires différentes à Montréal. Les femmes étant légalement exclues des tavernes jusqu’en 1971, elles ne pouvaient pas avoir des établissements réservés comme les hommes. Dans les organisations mixtes de défense des droits des gais et des lesbiennes, les femmes ont souvent été mises de côté. Les lesbiennes, de classe moyenne surtout, ont décidé de mettre sur pied leurs propres lieux, et elles se sont installées massivement dans le Plateau. Les premiers organismes lesbiens, tels Montreal Gay Women (1973-1974) et Coop-Femmes (1977-1979), étaient situés dans les limites Sud-Ouest du Plateau.

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Le Red Light District et la Main

Le Red Light est un quadrilatère approximativement défini par le boulevard Saint-Laurent à l’ouest, la rue Sherbrooke au nord, le boulevard René-Lévesque (auparavant Dorchester) au sud, et la rue Saint-Denis à l’est. La Main désigne l’extrémité ouest de ce quadrilatère, donc le boulevard Saint-Laurent.

Dans les années après la Deuxième Guerre mondiale, ce quartier avait déjà une mauvaise réputation à cause de son association au crime, au travail du sexe, et à la présence de personnes visiblement non-hétérosexuelles. Pour les lesbiennes des années 1950-60, les bars du Red Light étaient leurs principaux lieux de rencontres. Même si des gais, des lesbiennes et des travestis socialisaient dans les bars et les cabarets de ce quadrilatère, plusieurs de ces lieux avaient une clientèle mixte, c’est-à-dire que des hétérosexuels les fréquentaient également. De plus, même parmi les gais et les lesbiennes, les anglophones et/ou les membres de la classe moyenne avaient tendance à éviter le Red Light, à cause des associations négatives énumérées ci-dessus. Malgré tout, pour ceux qui fréquentaient ces établissements, ces lieux étaient chers et importants, car ils permettaient une liberté que le reste de la société n’accordait pas aux marginaux.

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Groupes universitaires et collégiaux

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Les organisations LGBTQ2S+ des universités et des cégeps ont joué et continuent de jouer un rôle important dans la vie des personnes LGBTQ2S+. Par exemple, des groupes comme Gay McGill, formé en 1972, répondaient à des besoins tels que l’éducation sur des thèmes gais, des services d’aide psychologique, et tout simplement l’organisation d’évènements sociaux. Notamment, les danses gaies de McGill pouvaient accueillir des centaines de personnes. Les cégeps du Vieux-Montréal et de Maisonneuve organisaient aussi des évènements similaires. Les groupes LGBTQ2S+ étudiants continuent encore à répondre à ce besoin de communauté, et constituent un lieu où l’on peut accéder à de l’information sur l’identité sexuelle et de genre.

Montréal, en déclin?

On se rend compte que l’embourgeoisement du Village est de plus en plus marqué comme dans plusieurs autres endroits à Montréal. Plusieurs commerçants du Village remarquent que leurs entreprises font moins de profits. Peut-être est-ce un signe que les lieux LGBTQ2S+ ne soient plus aussi nécessaires pour les rencontres ou pour se sentir en sécurité ? Peut-être est-ce un signe, au contraire, d’une certaine marginalisation à cause des politiques municipales qui permettent cet embourgeoisement ? Tout de même, le manque de lieux explicitement LGBTQ2S+, et la fermeture de plusieurs lieux de socialisation se font sentir.

Nouvelles directions

Malgré le déclin du Village et des bars lesbiens, il existe quand même plusieurs endroits queer/trans-friendly aux alentours de la rue Jean-Talon, dans les quartiers de Rosemont et de la Petite-Italie, et dans d’autres quartiers. Les personnes LGBTQ2S+ peuvent se sentir à l’aise dans des lieux qui ne sont pas explicitement queers ou trans. Après tout, nos identités sont complexes. D’ailleurs, nous sommes des communautés, et non pas une seule communauté. Les identités multiples, de genre, d’orientation, de race, d’origine ethnique, de langue, etc., font que les caractéristiques de chaque personne LGBTQ2S+ sont uniques. Plusieurs narrateur.rice.s ont indiqué vouloir que les communautés LGBTQ2S+ soient plus politisées et collaborent plus étroitement avec d’autres groupes pour lutter pour la justice sociale, tels que l’équité raciale ou le féminisme, entre autres.

Conclusion

Les quartiers définis dans l’exposition sont loin d’être les seuls endroits où les personnes LGBTQ2S+ convergent. Il y a autant de lieux LGBTQ2S+ qu’il y a de personnes qui s’identifient comme tel. Nous rendons et créons nos propres espaces tout simplement en existant.

Cette carte ne peut pas capturer toutes les expériences ni tous les enjeux qui nous concernent. Tout de même, les entrevues de seulement sept narrateur.rice.s démontrent déjà la diversité de nos communautés. C’est en racontant nos histoires que l’on peut espérer comprendre d’où l’on vient et c’est en nous écoutant que l’on peut s’entendre sur nos directions futures.

Si vous voulez parler de vos propres expériences ou faire un don d’archives aux Archives gaies du Québec, veuillez contacter : info@agq.qc.ca

Les entrevues intégrales de certain.e.s narrateur.rice.s sont disponibles en consultation sur place aux AGQ

Remerciements

Remerciements originaux de la part de V. Samoylenko

Cette exposition a été rendue possible grâce à la collaboration des narrateur.rice.s qui ont généreusement partagé leurs histoires et apporté leurs commentaires tout au long du processus de recherche.

Un énorme merci à Pierre, Armando, Derek, Ménélik, Mathilde, kimura-lemoine et Michelle, non seulement pour leur participation aux entrevues, mais aussi pour leurs conseils, leur aide dans le recrutement, et pour plusieurs photos des lieux, qui rendent l’exposition plus vivante.

Merci aux bénévoles et aux employés des Archives gaies du Québec qui m’ont donné des pistes de recherche pour les photos, et aux membres de la communauté qui ont offert leurs commentaires. Un grand merci à Fabien Galipeau, archiviste des Archives gaies du Québec, pour m’avoir aidé à retrouver des photos, des adresses, et aussi pour l’écriture des textes sur l’Androgyne, le PJ’s, et le Casa Loma.

Merci à Mitacs et Emploi d’été Canada pour le financement du projet.

Nous avons malheureusement appris que Michelle Wouters est décédée le 28 octobre 2022. Michelle était une survivante bispirituelle de la Rafle des années 60 et une éducatrice dans la communauté montréalaise. Nous voulons encore une fois la remercier pour ses témoignages remplis d'énergie contagieuse qu'elle a gracieusement offerts pour Les murs ont des oreilles. Son entrevue reste conservée aux Archives gaies du Québec dans son intégralité et le restera toujours. Repose en paix.

Remerciements additionnels pour la version piétonne

Un grand merci à l’équipe des AGQ de l'été 2021: Fabien Galipeau, Marion Daigle, Jonathan Proulx Guimond, et Simone Beaudry Pilotte.Merci beaucoup à V. Samoylenko pour son aide à travers le processus d'adaptation.

L’exposition piétonne a été rendue possible financièrement grâce à Desjardins, Fierté montréal, Village Montréal, Emploi-Québec, Emploi d’été Canada, Québécor, les donateurs/donatrices des Archives gaies du Québec.

Merci de la collaboration des: Archives Lesbiennes du Québec, Michelle Ronback, André Querry, André C. Passiour, Ross Higgins, Fugues, l’équipe de Village Montréal, et l’équipe de Fierté Montréal.

Sources consultées

Allan, James «Sky’s the Limit: The Operations, Renovations and Implications of a Montréal Gay Bar.»­ Mémoire de maîtrise. Université McGill. 1997.

Archives Gaies du Québec. L’Archigai No. 21. Novembre 2011.

Boulevard Saint-Laurent. «La Sala Rossa: À propos.» Consulté le 24 juin 2021.

Chamberland, Line MA. «Remembering Lesbian Bars: Montreal, 1955-1975.»­Journal of Homosexuality, Volume 25, Numéro 3. 1993. pp. 231-270.

Crawford, Jason B., and Karen Herland. “Sex Garage: Unspooling Narratives, Rethinking Collectivities.” ­Journal of Canadian Studies/Revue d'études canadiennes, Volume 48, Number 1. Winter 2014. pp. 106-131

Demczuk, Irène, and Frank W. Remiggi, éds.. Sortir de l’ombre: histoires des communautés lesbienne et gaie de Montréal. Montréal: VLB Éditeur. 1998

De Montigny, Julia. « Negotiating Everyday Spaces, Making Places: Queer & Trans* Youth in Montréal.” Mémoire de maîtrise. Université Concordia. 2013.

Desfossés, Félix, B.. « La scène travestie qui est à l’origine du punk à Montréal. » Vice. Le 23 octobre 2017. Consulté le 10 Octobre 2020.

Guindon, Jocelyn M. « La contestation des espaces gais au centre-ville de Montréal depuis 1950 ». Thèse de doctorat. McGill. 2001.

Higgins, Ross. «A Sense of Belonging: Pre-liberation Space, Symbolics, and Leadership in Gay Montreal.Thèse de doctorat. Université McGill. 1997. »

Kahn, Gretel. “Is Montreal's Gay Village becoming less gay?” CBC News. 10 août 2019. Consulté le 13 septembre 2020.

Lafontaine, Yves. « Le Parc de l’Espoir. » Fugues. Le 26 juillet 2012. Consulté le 10 Octobre 2020.

-----. «Le Drugstore: Chronique d’une fermeture annoncée.»­ Fugues . 18 octobre 2013. Consulté le 24 juin 2021.

Lecavalier, Philippe. «Le Village gai de Montréal: Un territoire d’appartenance en voie de disparition?» Mémoire de maîtrise. Université du Québec à Montréal. 2018.

Patriquin, Martin. « Nobody Puts Cleopatra in the Corner.» Maclean’s. Le 16 juin 2011. Consulté le 10 octobre 2020.

Podmore, Julie A.. “Gone ‘underground’? Lesbian visibility and the consolidation of queer space in Montréal.” Social & Cultural Geography, 7:4 (2006), 595-625. DOI: 10.1080/14649360600825737

-----. “Lesbians in the Crowd: Gender, sexuality and visibility along Montréal's Boul. St-Laurent.” Gender, Place and Culture: A Journal of Feminist Geography, 8:4 (2001): 333-355. DOI: 10.1080/09663690120111591

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Smith, Deanne. «Montreal ladies love Meow Mix.»­Xtra. 3 décembre 2008. Consulté le 24 juin 2021.

Radio-Canada Info. « Cabaret Casa Loma. » Youtube. Le 20 décembre 2016. Consulté le 10 Octobre 2020.

Valiante, Giuseppe. “Montreal's gay village seeking ways to reinvent itself.” CBC News. Le 22 mars 2015. Consulté le 13 septembre.

Fonds consultés

Archives gaies du Québec. AGQ-F0187, Fonds Association des bonnes gens sourds (ABGS)

------, AGQ F-0017, Fonds Association pour les droits des gai(e)s du Québec (ADGQ)

------, AGQ-F0127/I-026 (photos B). Fonds John Banks.

-------, AGQ-F0141. Fonds Comité du Berdache 20 ans plus tard